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ptis bidules de filles par Gwendoline Rothkegel

NÉGOCIATIONS

 


Éloise roulait depuis des heures, sans but  sans destination, sans fin.
Le désespoir était  si grand, la douleur la battait  avec un tel acharnement,  qu'elle sentit que l'issue, se jouait maintenant  en dehors de l'entendement.
Elle réfléchit très vite, les idées allaient et venaient  dans sa tête, dans une course folle.
Elle était maintenant  à l'orée du village où elle avait grandi.


Elle reconnut le grand pont aux armatures métalliques, qui veillait  sur le bourg, tel un rempart  inachevé. Elle entama sa traversée,  mais lorsqu'elle parvint au milieu, elle stoppa net son véhicule. Elle s'en extirpa péniblement. Tout lui était familier; les odeurs, les ombres, le silence. Elle su instantanément,  que cet endroit était parfait pour s'arrêter . Elle alla jusqu'à la rambarde , scrutant  une obscurité,que seuls les phares de sa petite "citadine" ,venaient  troubler. Éloise s'efforça de jauger  la hauteur qui la séparait de l'eau mais ne pu s'en remettre qu'à ses souvenirs tant la nuit  était  impénétrable.

 Elle eut un sursaut; y avait-il encore de l'eau sous ce pont? Elle n'était pas venue depuis une quinzaine d'années, le fleuve pouvait tout aussi bien être  asséché.Cette seule pensée, faillit la persuader de renoncer . Mais à nouveau, son cœur supplia et le désespoir signa. Tout en empoignant la poutrelle de fer, elle se demanda si elle ne devait pas laisser un mot, une lettre ou quelque chose.Mais elle savait que si elle lâchait ,ne serait ce qu'un instant  le garde-fou, qui, il fallait bien l'admettre,  n'était  pas vraiment compétent, elle risquait de laisser échapper sa fatale détermination. Elle prit une grande inspiration, serra plus fort le vaisseau de métal et prit son élan.


"-Vous allez vous suicider?" C'était  une voix féminine derrière elle.
Cueillie  par la surprise, comme prise en faute, Éloise répondit un oui ferme, qui semblait clore la discussion.
"-Et bien vous êtes une belle putasse!"
"-Euh quoi? Pardon..excusez moi?" reprit Éloise, abasourdie.
"-Et –Bien- Vous- Êtes- Une- Belle- Putasse!" répéta l'inconnue en prenant bien soin de détacher chaque mot.

Éloise se retourna brusquement dans un mélange de colère et de stupeur. Elle ne distinguait que très difficilement la silhouette, d'où émanait les insultes.Il lui sembla qu'il s'agissait d'une jeune femme, peut-être vêtue  d'une chemise de nuit ou d'une robe légère de couleur claire.

"-Oui merci je ne suis pas sourde, mais qu'est ce qui vous permet de me parler comme ça?! On ne se connaît pas, alors dégagez !" Éloise criait.
Après un court silence, l'intruse reprit:
"-Vous foirez mes plans "très chère", alors m'emmerdez  pas et allez faire vos caprices ailleurs! vu?"
"-Quoi? Je quoi? Quels plans? Qu'est ce que vous racontez, vous êtes timbrée?" Sa voix tremblait.
"-Ha Ha Ha! Et c'est une pauvre idiote qui va se jeter à la flotte pour rien qui me traite de timbrée?! J'aurais vraiment tout vu ma parole!!" elle fut prise d'un fou rire proche de l'hystérie.

Éloise sentit la fureur monter en elle et serra les poings.
"-Vous ne me connaissez pas! Qu'est ce qui vous permet de me juger! Ma vie n'a aucun sens! Je fais ce que je veux! Vous m'entendez?!  Et si je veux mourir c'est mon droit bordel!"
"-Pourquoi?" demanda l'inconnue  dans un calme inquiétant.
Éloise fut soufflée.
"-Euh..Hein? Pourquoi quoi?"
"-Et ben pourquoi vous voulez crever?"  
"-Je..je viens de perdre mon boulot..euh..mon..fiancé vient de me quitter..je..j'ai plus un sous..on devait se marier.. vous voyez?" balbutia t'elle.
"-Espèce de gamine pourrie-gâtée.."  chuchota l'autre pour elle-même.

Éloise fut terrassée par cette dernière remarque. Elle avait  le vertige et la nausée.Tout cela était tellement  injuste. Elle ne faisait de mal à personne. Elle voulait simplement que la douleur cesse..Définitivement. Pourquoi cette femme était- elle si cruelle, pourquoi ne la laissait-elle pas mourir en paix? C'était trop dur, c'était  trop dur! On a le droit de ne pas avoir la force! On a le droit  d'estimer que la vie ne donnera plus rien de bon! De se dire que c'était  cet homme là et pas un autre! De ne plus trouver en soi, la rage de recommencer!


C'est alors qu'elle s'aperçut que la femme était passée de l'autre côté de la rambarde. Sa chemise de nuit dansait au rythme du vent, ses cheveux semblaient singer une tornade  indécise.Éloise la distinguait parfaitement à présent, qu'elle avait pris place dans le berceau de lumière, déployé par l'Austin-mini. Elle avait les pieds nus, sa peau était si pâle, son visage détendu. Elle sut ce qui les différenciait. Cette si belle femme, n'avait  aucune colère, aucune tristesse, aucune amertume, aucune résignation. Elle était..vide. Éloise ressentit alors une immense compassion pour celle qui jusqu'alors, ne l'avait  que malmenée et insultée. Elle se jeta sur elle pour l'empêcher  de s'envoler,  mais, alors qu'elle crut la saisir, la silhouette légère  s'élança. C'était  comme si, les bras d'Éloise, l'avaient  traversée!

Elle hurla son impuissance face à ce saut de l'ange définitif; se rua sur la barrière pour tenter..elle ne savait plus quoi. Elle ferma les yeux et attendit  la sentence de l'eau, qui accueillerait  ce frêle corps, en son sein à jamais.
Mais rien ne vint. Aucun bruit, aucun cri. Le silence comme seule parure à la nuit.
Elle tenta de retenir sa respiration qui venait  contrarier  cette  messe muette.
Et puis les larmes jaillirent  avec une puissance herculéenne.  Elle était secouée  par ce flot incontrôlable , son sang était à ébullition, ses yeux avaient  disparu derrière un mur d'eau , son cœur courrait , se fracassait dans sa poitrine. Elle  s'enfuit jusqu'à sa voiture, s'y engouffra, verrouilla toutes les portes. Hébétée. Puis tout sembla se calmer. Elle retrouva peu à peu une respiration normale et entreprit de trouver un mouchoir. Une fatigue non-négociable s'empara alors d'elle .Éloise sombra.


Lorsqu'elle  ouvrit les yeux, le soleil et les oiseaux la saluèrent respectueusement. Son esprit s'étendait  dans une douce apesanteur,  mais son corps la ramena à la réalité  avec  la soudaineté  d'une gifle au coin du nez. Elle était courbaturée  comme après un combat  de catch  contre  l'un de ces mastards aux cheveux  longs et  aux combinaisons brillantes et moulantes.

C'est alors que tout lui revint. Elle n'arrivait  pas à y croire. Non seulement elle avait  failli se tuer mais..mais elle avait  assisté, impuissante, au suicide d'une inconnue.Le plus étonnant dans toute cette  horreur, c'est qu'elle n'avait  plus envie de mourir. Elle se sentait totalement  stupide et culpabilisait  de n'avoir  rien pu faire pour sa compagne d'infortune.

Elle sortit de sa voiture  avec la même dextérité  qu'une dame de quatre-vingt -douze ans qui entreprendrait  une escalade très technique sur parois rocheuses abruptes; euh..moui, de la varappe  en somme.
Il fallait maintenant affronter le carnage. Elle sut qu'il fallait  qu'elle ose regarder en dessous du pont. Peut-être apercevoir le corps flottant à la dérive.Elle eut un haut-le cœur mais avança vers la rambarde.Elle tremblait si fort à présent que sa démarche ressemblait à celle d'un faon très maladroit.Elle soufflait, n'ouvrait pas toujours les yeux, avançant vers sa peur.

Arrivée à l'obstacle qui la séparait du vide, elle se sonda et se pria d'avoir la force.lorsqu'elle eu le feu vert de son esprit et de son corps elle pencha la tête.Mais le spectacle qui s'offrit à elle était si inattendu qu'elle défaillit.Elle s'effondra de tout son poids sur le goudron qui couvrait le pont.Les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, elle attendait que des mots lui viennent  pour s'expliquer ce qu'elle venait de voir. C'était tout bonnement impossible.Le fleuve était effectivement asséché et ne restait de lui que les souvenirs qu'elle en avait et une terre craquelée, qui indiquait que l'eau avait déserté depuis bien longtemps.Mais surtout, il n'y avait aucun corps écrasé d'une jeune femme mal polie mais persuasive.

Dans une incompréhension qui n'avait d'égale qu'un incroyable ahurissement, Éloise retourna  à sa voiture, mis le moteur en marche, fit demi-tour et s'engagea sur la nationale. Elle regardait sans cesse dans le rétroviseur s'attendant à voir sa farceuse de suicidaire, affalée sur la banquette arrière , lui souriant et lui balançant un:
"-Alors je t'ai bien eu pétasse!"
Mais rien. Que le dessin du vaisseau métallique  qui semblait lui souhaiter bonne route dans sa sagesse toute résonnante.
Elle accéléra et lorsqu'elle s'aperçut que le pont avait totalement disparu, s'accorda le droit de penser, qu'un café lui ferait le plus grand bien.


Ajouté le 12:43 à 1/12/2008
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T'es où.. je sais que t'es caché!

 




T'as fini, ça y est t'as tout dit?
Admirable tout ce que tu parviens à déblatérer en quasi apnée!
Donc si je fais le tri dans toute cette liste de défauts et non-qualités
Qui ,selon toi, constituent ton toi
Si je calcule proportionnellement à ta taille ton poids
Alors faudrait bien me rendre à l'évidence,
Satan est ton pauvre à toi.


Mais qu'est ce que tu imagines?
Mais qu'est ce que tu crois?
Que je vais courber l'échine?
Sortir lentement, sur une musique tragico-mélancolico ou quoi?
Te remercier en prime,
De m'avoir épargnée, cette fois?


Que sur la route de mon retour à la tour
Où j'attendrai que mes cheveux repoussent
Et un autre que toi
Qu'ils y parviennent, cette fois sans fourches
C'est pas trop demander, ça!
Je me dirai, mais comment ai-je pu tomber
Dans ce piège à gourdes ,heureusement qu'il est là!

Mais laisse moi rigoler, si laisse moi!
Voilà que je crie,
Manquerait plus que je pleure
Pour pimenter tout ça.

Mais tu sais quoi?
Je ne vais rien faire de tout ça
Même pas creuser la terre
Pour te trouver en bas
Chez Lucifer, ton pote d'armée et de constat
Tous tes discours et tes bla bla
Comme quoi l'enfer, c'est dans tes bras
Je m'en fais des napperons, ha! ha!
Tu t'y attendais pas à celle là!

Je t'aime et oui on se refait pas
Tu peux toujours te cacher, ça ne changera pas.
Quand tu seras fatigué,  
De brasser tes airs aiguisés
D'être un moulin sans ailes à faire tourner
Viens simplement frapper
Mais non pas sur moi!
Sur ma porte, elle est blindée.
Derrière, tu m'y trouveras avec ton café
Et pour le reste, on verra
Du suspens y'en a même dans les contes ratés.




 
 

 

Ajouté le 20:27 à 11/11/2008
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UN PEU..BEAUCOUP.

 




Il fait plutôt frisquet, mais ça devrait  aller,  je me suis bien échauffée.
Ce n'est pas le moment de me faire un claquage  vu que je bosse tous les jours cette semaine.
Il est sympa Bouboule de m'avoir refilé des heures sup, je ne sais pas comment je m'en serais tirée sans ça.

Et c'est parti! Du grand spectacle !
Alors qu'est ce qu'on a ce soir ? Et bien on a comme d'habitude, des bonnes têtes de vainqueurs..
Ha! Ha! Arnold mais qu'est ce que tu fais encore là? Tu connais ça par cœur, ça fait quinze jours que tu es vissé à la même place, pour regarder le même truc. Mon pauvre Arnold! Qu'est ce que t'as bien pu raconter à ta bonne femme cette fois? Je la plains celle là. Elle trime toute la journée, elle s'occupe des gosses, de la bouffe, du loyer et elle doit en plus se coltiner le bon gros Arnold, qui n'a d'yeux que pour mon cul. Aie ,aie, aie,!Le pire c'est que le jour où elle va se tirer ta dulcinée, tu vas chialer comme un bébé.
Aller la veste en skaï, un petit tourniquet au dessus de la tête, et elle vole à travers la carrée.

Oohhh! Aller tous en cœur! Chaud le show hein les petits vilains?
C'est vrai qu'ils sont laids, la vache! Pas un pour relever l'autre!
ET tchac!! ma robe, à mes pieds. Ça vous plait? À voir la tronche que fait Arnold, ça a l'air de coller. Il pourrait faire la choré à ma place, je suis sure.
Petits mouvements de la bouche,  saut souple sur la barre, jambes écarteés. Ah tiens j'ai un bleu sur le mollet..merci gentils talons aiguilles pour cette délicate  attention.
Pff! je m'ennuie, ils bavent et moi je me fais chier.
J'ai jamais compris pourquoi les hommes raffolaient tant  de ce genre de…démonstration.
C'est d'un plat! Sans surprise. On sait très bien comment ça finit. À poil.
ET hop! Le soutient gorge..en menottes  autour des poignets. Wouah! Mais c'est que j'innove!
Ils en ont pour leur fric les saligauds! Mais oui Arnold tu veux m'épouser ! C'est quand tu veux nigaud. Et je n'aurai plus qu'à me prendre avec mes bas! Oh non il est filé?! Au prix que ça me coûte! Chier! Je m'en tape, ils finiront la semaine ;même zébrés!

Mais qu'est qu'il a celui là? Oh non encore un taré qui croit qu'il peut me peloter! Ras le bol des gros dégueux! Il est où Bouboule? Je m'en fous s'il rapplique pas illico pour le foutre dehors, je lui emmanche un coup avec mes 11cm!
Ah bah c'est pas trop tôt! J'ai bien cru qu'il allait visiter mes organes ce porc!
C'est pas croyable, ils en ont jamais assez. Je me dessaperais jusqu'au squelette qu'ils continueraient  à brailler! Pauvres types! La langue qui vient mouiller les lèvres..Le regard de la plus belle cochone..Zéro subtilité,  que des grosses ficelles je leur balance.

Oh non c'est pas le moment! Aller!! Arrache toi foutu slip! Je savais bien que la pression était trop vieillotte! Combien ça va me coûter encore  le rachat d'un nouveau..costume?
Ah bah enfin, tu cèdes méchante culotte!! Bon qu'est ce que j'en fais? Je me la passe sur les seins? Sur la bouche? Entre les cuisses? Tss ça me soule, c'est naze! Et pis tiens! Je la refourgue à Arnold! De toute façon elle est foutue et ça lui fera un lot de consolation quand sa femme le larguera comme une vieille chaussette! Ha ha! Très bon ça! Un vieux slip pour une vieille chaussette!! Ce que je suis drôle! Je me fais marrer toute seule! C'est quand même con que tous ces pénis sur pattes ne profitent que de mes nichons et de mon boule, en loupant l'essentiel: mon incroyable humour!! Ha ha!
Bon il faut que je reste concentrée,  sinon c'est des coups à me manger la barre!
Zou! Le slip en plein dans la cible: la pauvre tronche d'Arnold! Mais ouaih! Profites mon grand, c'est ton moment de gloire! Ils t'envient  tous et je viens de te réabonner pour un mois minimum!
Ah la la! Ils sont si déçus tes petits camarades; ça ferait presque de la peine!

Mais.. qui c'est celui là? Je l'ai jamais vu? Il est pas mal.Ouaih il est mignon mais je n'aime pas sa façon de me regarder. Avec ses yeux là! Pourquoi il me sourit comme ça, on ne se connaît pas! Et pis je m'en tape d'abord!
 Il me regarde encore ! Bon faut que je me tire de là. Un dernier petit roulis-boulis sur la barre et je me casse. Je me sens drôle. Pourquoi je le matte aussi? n'importe quoi?! Retrait now! Je me sens super mal! Voilà que j'ai froid! Je suis jetée ou quoi?  C'est dingue! Chaque fois qu'il plante ses yeux dans les miens , j'ai l'impression d'être..toute nue.

Ajouté le 23:49 à 13/10/2008
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bienvenue à toi, dans ce petit endroit rempli de n'importe quoi..des petites histoires de liberté ou des gros chagrins de vernis écaillé ou des riens du tout qui deviennent des affaires d'état..enfin des ptits bidules de filles quoi..

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