Tiens,il est là..
Il ne bouge pas,
Ou de manière imperceptible
Tenu par la terre; en racines invisibles
Il ne bouge pas.
Simplement il est là.
La brise contourne cet arbre de chair
il ne semble pas s'en faire
le reverrais je demain?
comme aujourd'hui, comme hier?
cette pensée me quitte, aussi vite qu'une pensée vous quitte.
Tiens il est là.Encore..
L'été et les passants l'ignorent.
Mais qui est il?
S'il mendie, pourquoi ne pas tendre la main, se montrer, déclarer sa faim?
Il est rasé de près, aucune feuille sur l'arbuste discret..
Même posture;immobile au milieu de la ville
Est ce toi Nature, qui m' impose ce trompe l'oeil subtil?
Un peu de compassion et beaucoup de curiosité me poussent à lui demander: "ça va?"
Il m'a peut être répondu "oui" ou peut être pas
Mais déjà m'ignore,
Comme l'automne et les passants ,encore..
Mais que fait il, posé là?
Et s'il attend; il attend quoi?
Pourquoi ici? à cet endroit?
Suis je seule à le voir?
Et cette foutue horloge qui grince mon retard..
Il fait si froid ce matin
Il est là.Encore..
L'hiver et les passants l'ignorent
je guette le conifère
traquant une odeur de chlorophylle
dont il pourrait parfumer l'air
Mais voilà qu'il expire, la nicotine
D'une blonde sucette
Rendant tout à coup inutile
Mon étrange enquête
Il est là.Encore
Les saisons et les passants décorent.
Chaque jour, comme un dialogue imperceptible
Je m'arrête , lui tend une cigarette
Il la saisi et me dit toujours cette même chose inaudible
Puis je repars dans ma vaine course contre le temps
Qui, à jamais, défile en nous narguant
Mais viendra un jour, où je me moquerai de son funeste dessein
Alors, je me planterai là, jusqu'à fleurir
J'attendrai ,jusqu'à ce que ce chêne bouge,s'éloigne,orné de ses jambes de bois
Je le suivrai, pour voir,
Je le suivrai, pour savoir, s'il était l'arbre qui cache la forêt.
( à cet inconnu, qui chaque jour,ne mendie pas et est simplement là;debout, à qui chaque jour, j'offre une cigarette,sans jamais avoir percé son secret.) Tags :
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